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Personne n’est aujourd’hui capable de dater la naissance de l’alchimie : apparut-elle en Egypte dans les temps anciens ou plus tard dans ce même pays ? D’après les informations parvenues jusqu’à nous, il semblerait que tout le savoir alchimique était concentré dans la bibliothèque d’Alexandrie ; or, l’ennui c’est que celle-ci fut brûlée au cours d’un incendie annihilant donc tout ce qui avait pu être rassemblé auparavant (IVe siècle avant J-C).


Ce qui est clair, c’est qu’elle était déjà persécutée à Rome s’il faut en croire Marcelin Berthelot qui reste un des plus éminents historiens de l’alchimie… ce qui n’empêcha pas le despote Caligula de réaliser une transmutation qui s’avéra catastrophique sur le plan économique.


Arrêtons-nous un instant sur Berthelot et son travail phénoménal qui, s’il a essuyé diverses critiques depuis sa parution au XIXe siècle, est toujours reconnu à l’heure actuelle. Contrairement à son contemporain Chevreul qui ne croyait pas à une origine très lointaine, Berthelot utilisa au mieux les compétences de ses distingués collègues du Collège de France qui savaient déchiffrer les textes anciens. C’est à partir de là que Berthelot fut amené à dire que des anges auraient entretenu des relations avec les femmes transmettant la Connaissance aux alchimistes qui seraient ainsi une sorte de surhomme entre Dieu et les hommes…Si l’origine est donc discutable car on parle d’alchimie chinoise, indienne, grecque avec la fameuse théorie des 4 éléments d’Aristote ou encore arabe, c’est indiscutablement cette dernière qui est arrivée en Europe vers la fin du 1er millénaire, via l’Espagne et l’Italie ou les pays du Maghreb.

Si le débats sur ses origines en général est loin d’être clos, il en est de même du mot d’alchimie auquel ont été données diverses significations. L’une des plus sérieuses repose sur le mot kimiya qui, lui-même, dériverait d’un terme égyptien pouvant se traduire par « terre noire » (émises en particulier par von Lippmann, l’un des contestataires des thèses de Berthelot). Or, le concept de noir et, par extension, de terre noire est très présent dans l’alchimie lors de la décomposition des métaux. Nous reviendrons ultérieurement sur le phénomène de «nigrido » qui est une période de mort autorisant dans un second temps la régénération des corps…
D’autres explications ont été données ; une des plus classiques fut de rapprocher ce terme de l’arabe alkymia (en un ou deux mots) signifiant « la quantité » ou « la dose ». Littré, quant à lui, aurait vu une corrélation entre « la chimie » et « l’alchimie » d’une part et le grec « Humia » correspondant au mot « suc ». Par un rapprochement assez court, l’alchimie aurait pu être considérée comme l’art relatif aux sucs, ce qui paraît simpliste et énormément réducteur. D’aucuns lui ont préféré le mot grec très voisin de « Huma » qui peut se traduire par fusion… ce qui était assez sympathique vu l’importance des nombreux traités ; mais nous serions aussi tentés par une autre possibilité, elle encore liée à l’arabe, que préconisent certains esprits en mettant en parallèle l’alchimie et donc le qualificatif de kimiya avec celui de kama qui voudrait dire « tenir secret »…

Si nous schématisons à l’extrême tout ce que nous avons dit auparavant, nous constatons que nous restons dans un flou total : nous ignorons quand l’alchimie est née d’une part ni à quoi elle était destinée, d’où des interprétations diverses très souvent rediscutées à la lumière de textes anciens redécouverts avec les publications des spécialistes. Ceci dit, dans un souci de simplification (et de compréhension), il est fréquent de noter la classification suivante :

  • Une alchimie aristotélicienne reposant sur les 4 éléments (terre / air / eau / feu) et pouvant être considérée comme une proto-chimie ;

  • Une alchimie philosophique et mystique réalisant la synthèse entre la transmutation des métaux et la voie philosophique ;

  • Enfin, une alchimie magique commençant là où s’arrête la précédente et qui n’a pas de base écrite. Pour autant, il faut la considérer comme la quête de l’Absolu ou de l’Universel et non pas comme une entité proche de la sorcellerie.

Ce sont surtout les deux premières que nous développerons dans de futurs articles. L’alchimie « débarquant » en Europe occidentale au Moyen Âge est essentiellement métallique ; en clair, elle va s’attacher à tenter de démêler les fils de la transmutation des métaux vils en or. C’est tout au moins la perception qu’elle en a laissé tout au long de cette période mais nous verrons qu’il serait plus que simpliste de s’en contenter ; d’ailleurs les textes fondamentaux de l’alchimie (et comment ne pas citer, dès à présent, la fameuse Table d’Émeraude que nous étudierons dans notre prochaine intervention) nous renvoient à des conceptions beaucoup plus vastes bien au-delà d’opérations manipulatoires …

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